Cinquième Colonne

27 août 2019

Jack Dion et Marianne répètent l'intox sur le mot laïcard et Charles Maurras

JackDionIntoxMaurrasLaicard

Jack Dion, directeur adjoint de la rédaction de Marianne, n'en est pas à sa première intox, comme déja vu sur ce site. Dans un article publié le 26 août et intitulé "Henri Pena-Ruiz, cible désignée d'un procès en sorcellerie" (disponible ici), Jack Dion a répété l'intox propagée notamment par Laurent Bouvet, comme quoi le mot laïcard aurait été inventé par Charles Maurras.

C'est complètement faux, comme déjà démontré sur ce site.

Il apparaît que le terme laïcard était utilisé dans "La Croix" dès 1884, à une époque où Maurras avait à peine 16 ans, et donc aucune influence intellectuelle ou politique. En outre, le mot laïcard ne se trouve pas dans les principaux ouvrages de Charles Maurras. Il est possible qu'il ait utilisé le terme, mais en tous cas il ne lui a pas accordé une grande importance, et il ne l'a certainement pas créé.

Laicard1884

 

Voir ce lien pour plus d'infos sur l'origine du mot "laïcard":

https://twitter.com/Lignesdecretes/status/1105232660723650560

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12 août 2019

La dernière intox signée Waleed Al-Husseini: un photo fake sur des femmes voilées en Tunisie

Le 11 août 2019, Waleed Al-Husseini a tweeté ceci:

WaleedAlHusseiniPhotoFakeTunisie1

 

 

Sauf que la photo des femmes voilées n'a pas du tout été prise en France, mais en Tunisie, comme déjà repéré par le site "what-the-fake":

WaleedAlHusseiniPhotoFakeTunisie2

Cette intox déjà diffusée par la fachosphère en 2017 avait été alors démontée notamment par La Voix Du Nord:

https://www.lavoixdunord.fr/191920/article/2017-07-14/comment-la-fachosphere-detourne-une-photo-prise-tunis-pour-denigrer-roubaix 

 

La photo apparaissait sur cet article du site tunisien Kapitalis en 2012, et il est bien précisé qu'elle a été prise en Tunisie:

http://www.kapitalis.com/fokus/68-tribune/12195

 

A force de fréquenter les Sébastien Jallamion, Martine Gozlan ou Caroline Fourest, Waleed Al Husseini est en train de reproduire leurs méthodes...

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25 juillet 2019

Le mythe conspirationniste autour de l'origine du mot "islamophobie"

Islamophobie-Médias

Par Jean-Loïc Le Quellec

Des polémiques se sont récemment élevées — et se poursuivent toujours — à propos du terme « islamophobie », notamment depuis une chronique signée en 2003 par Caroline Fourest et Fiammetta Venner qui, dans leur revue ProChoix, ont prétendu qu’il aurait « pour la première fois été utilisé en 1979, par les mollahs iraniens qui souhaitaient faire passer les femmes qui refusaient de porter le voile pour de ‟mauvaises musulmanes” en les accusant d’être ‟islamophobes” »2. Employer ce mot serait donc tomber dans un piège assez grossier, selon une opinion reprise en 2010 par Pascal Bruckner, qui proposa de le « bannir d’urgence du vocabulaire » car il aurait été « forgé par les intégristes iraniens à la fin des années 70 pour contrer les féministes américaines ». Il ajoutait que la fonction de « cette création digne des propagandes totalitaires » serait « de faire de l’islam un objet intouchable sous peine d’être accusé de racisme »3. Ces auteurs réactivaient l’épouvantail rhétorique utilisé en 2002 par Pierre-André Taguieff qui déclarait que « par l’effet d’une extension abusive de la vigilance antiraciste, toute critique de l’intégrisme islamique est immédiatement dénoncée comme manifestation d’islamophobie. Le terrorisme intellectuel règne »4. En juillet 2013, Manuel Valls, alors ministre de l’Intérieur reprenait à son compte cet argumentaire erroné: « derrière le mot ‟islamophobie”, il faut voir ce qui se cache. Sa genèse montre qu’il a été forgé par les intégristes iraniens à la fin des années 1970 pour jeter l’opprobre sur les femmes qui se refusaient à porter le voile. Je crois que Caroline Fourest et avec elle d’autres intellectuels ont raison […] Pour les salafistes, ‟[l’]islamophobie” est un cheval de Troie qui vise à déstabiliser le pacte républicain »5. L’argument fut repris en 2014 dans une lettre ouverte à Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Éducation nationale6, puis en 2015 par Patrick Kessel qui, lors la remise du Prix de la Laïcité, dénonça « ce concept sournois d’‟islamophobie” qui vise à condamner comme raciste toute critique de l’islam radical »7. Il le fut encore en 2016 par Elisabeth Badinter qui, un an après l’attentat de Charlie Hebdo a déclaré sur la matinale de France-Inter: « il faut s’accrocher et il ne faut pas avoir peur de se faire traiter d’islamophobe »8.

Régis Debray ajouta peu de temps après que « le chantage à l’islamophobie est insupportable »9, et en mai 2016, Gilles Kepel, professeur à Sciences Po, affirmait, contre toute évidence: « Le mot est apparu en France dans les années 2000, dix ans après son apparition en Grande-Bretagne, dans la foulée de l’affaire Rushdie. Ce n’est pas un concept, c’est une fabrication destinée à interdire le débat, une arme dans la guerre intellectuelle. L’accusation d’islamophobie sert à interdire toute critique de la salafisation d’une partie des banlieues »10. Il récidiva en compagnie d’un autre professeur de Sciences Po, Bernard Rougier, déclarant que « ‟radicalisation” comme ‟islamophobie” constituent des mots écrans qui obnubilent notre recherche en sciences humaines »11.

Cette dernière remarque est proprement sidérante au vu du nombre considérable des travaux consacrés à l’islamophobie. En 2006, Chris Allen lui a consacré une thèse qui fut publiée en 201012; en 2006 également, la Fondation de la Maison des Sciences de l’Homme a organisé à Paris un colloque international sur le thème de « L’islamophobie dans le monde moderne »; Abdellali Hajjat et Marwan Mohammed ont mis en place en 2011 un séminaire sur l’islamophobie à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales, Fernando Bravo López a soutenu une thèse sur le même sujet en 201213, qui est aussi l’année de la création de la revue Islamophobia Studies. Il est vrai que la recherche en ce domaine, du côté français, a longtemps été à la remorque des travaux anglo-saxons, mais le jugement infondé d’universitaires comme Gilles Kepel et Bernard Rougier ne contribue guère à faire avancer les choses14.

Par ailleurs, répéter sans réfléchir, à l’instar de Michel Onfray, que le terme islamophobie « est un mot inventé par l’Iran de Khomeiny pour stigmatiser tout opposant à son régime »15 est doublement faux.

Premièrement, Alain Quellien l’utilisait déjà dans sa thèse publiée en 1910, dans laquelle il définissait « l’islamophobie » comme « un préjugé contre l’Islam répandu chez les peuples de civilisation occidentale et chrétienne »16. En lisant, entre autres « classiques » de la littérature coloniale, les œuvres de Joseph du Sorbiers de la Tourasse ou du Dr Oskar Lenz, il ne pouvait que constater que « pour d’aucuns, le musulman est l’ennemi naturel et irréconciliable du chrétien et de l’Européen, [que] l’islamisme est la négation de la civilisation [et que] la mauvaise foi et la cruauté sont tout ce qu’on peut attendre de mieux des mahométans »17. C’est cette attitude qu’il dénommait « islamophobie ».

Deuxièmement, il n’existe aucun équivalent iranien à ce terme. En persan, on pourrait à la rigueur dire islām harāsī (اسلام هراسی), littéralement « hostilité à l’islam », tout comme en arabe on dirait ‛adā’ al-islām (عداء الاسلام), mais en réalité, ce terme est bien une invention française qui, pour être rendue en arabe, a donné lieu dans les années 1990 à la création de l’expression ruhāb al-islām (رهاب الاسلام) « phobie de l’islam ». Sa première apparition en anglais date de 1924, mais elle figure au titre de citation dans la recension d’un livre cosigné par Sliman Ben Ibrahim et le peintre orientaliste Étienne Dinet, et ce mot, alors simplement cité, n’a pas été adopté en anglais à cette époque: on lui a préféré l’expression feelings inimical to Islam (« sentiments hostiles à l’Islam »). On notera la majuscule à Islam, faisant que ce mot désigne alors l’ensemble du monde musulman, et non une religion particulière18. Dinet et Ben Ibrahim ne donnaient pas de définition explicite de ce qu’ils entendaient par « islamophobie », mais leurs écrits montrent à l’envi qu’ils désignaient ainsi une attitude hostile à l’islam, regardé comme un ennemi à combattre ou à éliminer19.

Selon le Grand Dictionnaire d’Oxford, l’apparition d’islamophobia en anglais ne survient qu’en 1976 dans un article de Georges Chahati Anawati affirmant que « ce qui rend la tâche difficile, et peut-être impossible, pour un non-musulman, c’est que, sous peine d’être accusé d’islamophobie, il est obligé d’admirer le Coran dans sa totalité et de se garder de laisser supposer la moindre critique sur la valeur littéraire de ce texte »20. Cet islamologue égyptien appartenant à l’ordre des Frères Prêcheurs introduisit dans son texte une modification de sens, et même un véritable retournement: pour Étienne Dinet et Sliman Ben Ibrahim, l’islamophobie ne désignait que les préjugés des orientalistes à l’égard des musulmans, mais sous la plume d’Anawati apparaît une nouvelle acception, puisque par ce même terme il vise désormais le préjugé musulman consistant à s’opposer à toute critique textuelle du Coran qui serait l’œuvre d’analystes non-musulmans21. C’est là, vraisemblablement, l’origine de l’idée fausse selon laquelle il s’agirait d’un mot créé pour opérer un véritable chantage en direction des critiques occidentaux.

Affirmer que le concept d’islamophobie aurait été inventé pour limiter la possibilité de critiquer l’islam comme religion, et qu’en conséquence il ne faudrait pas craindre de se faire traiter d’islamophobe, c’est ne retenir qu’une instrumentalisation partisane du terme. Semblablement, que l’accusation d’antisémitisme soit régulièrement lancée aux critiques de la politique d’Israël n’implique pas que ce terme serait vide de sens, que l’antisémitisme n’existerait pas et qu’il conviendrait d’abandonner ce mot.

(...)

Suite de l'article:

https://tempspresents.com/2019/06/19/histoire-et-mythe-conspirationniste-du-mot-islamophobie/?fbclid=IwAR02ZNwjdLzXXw1WHDdMhJB2YYLjq0YFXV5W3uFpNFkaLIUzrcUYkytyV6Q

21 juillet 2019

Bruno Renoul s'acharne à nouveau contre Zakia Meziani... avec des arguments de plus en plus nauséabonds

Bruno Renoul, journaliste de La Voix du Nord qui critique régulièrement son confrère Taha Bouhafs pour son militantisme, est en réalité tout aussi militant quand on lit son 2ème compte twitter (sous le pseudo "Bruno Ranulf"): islamophobie, proximité avec le Printemps Républicain, acharnement obsessionnel contre le CCIF...

Depuis quelques semaines, Bruno Renoul s'acharne cette fois contre une femme musulmane nommée Zakia Meziani. Cela a commencé avec un article critiquant un post facebook où Zakia Meziani avait comparé le sort des femmes voilées en France (interdites rappelons-le d'éducation publique, d'accéder à la grande majorité des emplois, et maintenant de piscine...) à celui des juifs dans les années 30, en ironisant sur le fait que cela pourrait conduire à des camps de concentration pour musulmans. Ce post peut paraître exaggéré, voire indécent, Zakia Meziani l'a d'ailleurs supprimé depuis. Toutefois sa critique de la façon dont sont traitées les femmes musulmanes voilées en France reste tout à fait légitime (Zakia Meziani est directement concernée, et contrairement à Bruno Renoul elle vit ce racisme au quotidien).

L'article de Bruno Renoul dans La Voix du Nord a été publié sur le site phare de l'extrême-droite Fdesouche, ce qui lui a assuré un beau succès sur les réseaux sociaux, et a déclenché une vague de harcèlement et menaces contre Zakia Meziani. 

Lorsqu'elle a supprimé le post en question, cela a suscité un nouvel article de Bruno Renoul (visiblement fier de son coup) pour dire qu'elle a effacé son post, selon lui probablement du fait de son article (à moins que ce soit du fait du harcèlement et des menaces qu'elle a subis)... rappelons que Zakia Meziani est quasiment inconnue du grand public, y compris dans sa région où elle préside juste une petite association nommée "Identité Plurielle".

Bruno Renoul allait-il en rester là?...

Non ! Apparemment il a fouillé tout l'historique des posts de Zakia Meziani et de son association sur les réseaux sociaux, et il a trouvé ceci posté en 2016 (!), à l'époque des arrêtés anti-burkini sur plusieurs plages de France:

BrunoRenoulZakiaMeziani

 

Contrairement à ce que dit Bruno Renoul, ce post n'est pas du tout une "comparaison" entre l'interdiction du burkini et la shoah, mais une comparaison entre une législation d'exception envers un groupe de personnes (les juifs) et une autre législation d'exception envers un autre groupe de personnes (musulmanes).

Dans la conversation dont le lien est posté ci-dessous, Bruno Renoul va défendre les lois anti-burkinis dans les piscines, d'abord en affirmant que ce ne seraient pas des lois d'exception car ça concernerait tous les maillots de bain intégraux et non seulement le burkini. Quand on lui fait remarquer que le sondage du Figaro que commentait Zakia Meziani était bien intitulé "faut-il une loi pour interdire le burkini?" (et non "faut-il une loi pour interdire les maillots de bain intégraux"), Bruno Renoul va supprimer son tweet, mais cette fois-ci sans publier tout un article "Bruno Renoul a effacé son tweet"...

C'est le tweet effacé dans la conversation ci-dessous:

https://twitter.com/Tsarorius/status/1150753018691903488

 

BrunoRenoulZakiaMeziani2

Notons que pour Bruno Renoul, le concept d'islamophobie est marqué par son "inanité"... Et selon lui, les femmes qui portent le burkini auraient des "visées politiques et expansives"... On est typiquement dans le complotisme islamophobe qui prête des intentions cachées à toute femme voilée qui défend ses droits.

Bruno Renoul assure ensuite que le burkini poserait un problème d' "hygiène"... la raison qu'il invoque serait qu' "on n’a aucun moyen de savoir si vous le portez ou non depuis dix jours" !!!

BrunoRenoulZakiaMeziani3

Comme il lui a été justement répondu, c'est exactement la même chose pour tout maillot de bain, la propreté des maillots de bain n'est jamais vérifiée dans les piscines, du moins dans aucune de celles que j'ai fréquentées... Pourquoi donc les musulmanes portant un burkini seraient-elles plus suspectes de ne pas laver leur tenue de bain que les autres personnes?...

Que sous-entend donc Bruno Renoul?

 

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03 juillet 2019

Florence Bergeaud-Blackler part en croisade contre le halal

FlorenceBergeaudBlackler

Florence Bergeaud-Blackler, anthropologue chargée de recherche au CNRS, et auteure du livre "Le marché halal ou l’invention d’une tradition" (Editions Seuil), est de plus en plus invitée sur les plateaux télé. La théorie qu'elle répète dans son livre et dans les médias, c'est que la tradition halal serait une "invention" récente des fondamentalistes, datée selon elle des années 1979-1980 (qu'elle associe à la révolution iranienne et à l'arrivée au pouvoir de l'ayatollah Khomeiny).

Florence Bergeaud-Blackler affirme notamment (voir extrait d'une interview dans Le Point ci-dessous) que le Coran et la Sunna "ne parlent pas" du halal, et que "ce n'est pas une série d'instructions religieuses"...

 

FlorenceBergeaudBlackler-LeCoranNeParlePasDuHalal

   (Source)

 C'est bien sûr complètement faux. 

D'abord le halal est bien mentionné dans le Coran, à plusieurs reprises:

« De ce qui existe sur Terre, mangez le licite (halal-an) et le pur » (Sourate 2, verset 168)

« Et mangez de ce qu’Allah vous a attribué de licite (halal-an) et de bon » (Sourate 5, verset 88).

Les instructions religieuses sur ce qui est halal (licite), notamment en matière d'abattage, sont également mentionnées dans le Coran:

« Les animaux morts, le sang, la chair du porc, tout ce qui a été tué sous l'invocation d'un autre nom que celui de Dieu, les animaux suffoqués, assommés, tués par quelque chute ou d'un coup de corne ; ceux qui ont été entamés par une bête féroce, à moins que vous ne les ayez purifiés par une saignée ; ce qui a été immolé aux autels des idoles ; tout cela vous est défendu.  » 

(Sourate 5 Al-Maidah, verset 3).

Mais Florence Bergeaud-Blackler veut nous vendre l'idée que le développement et l'essor du marché halal serait dûs essentiellement à des acteurs "fondamentalistes" associés au néolibéralisme. Elle conclut son livre en décrivant le marché halal comme un "djihad économique" et une menace pour les démocraties...

Lorsqu'on jette un oeil à la page facebook de Florence Bergeaud-Blackler et à ses articles, on sent clairement un biais islamophobe (pour ne pas dire une obsession): elle critique pêle-même le hijab Decathlon, le mot "islamophobie", le burkini, la mode islamique, le Toblerone halal... et ses interviews sont relayées autant par les leaders du Printemps Républicain que par des sites d'extrême-droite comme Fdesouche.

Ses propos sur les réseaux sociaux sont plus dignes d'un troll du Printemps Républicain que d'une chercheuse. Ici elle invente le concept de "salafo-frérisme"(sic) pour décrire le blogueur Al Kanz (Fateh Kimouche):

 

FlorenceBergeaudBlackler-Salafo-Frèrisme

 

Fateh Kimouche, qui n'est ni salafi ni Frère Musulman, est en revanche beaucoup plus connaisseur du halal, des sources islamiques et de la langue arabe que Florence Bergeaud-Blackler, on peut donc comprendre qu'elle veuille l'interdire de parole dans les médias... (ce qui n'est pas très "Charlie", soit dit en passant).

 

L'oubli de Florence Bergeaud-Blackler

Dans ses interventions, un facteur majeur de l'essor du marché du halal n'est jamais mentionné par Florence Bergeaud-Blackler: c'est la hausse du niveau d'alphabétisation des musulmans, la hausse de leur niveau d'études et de connaissances.  

Florence Bergeaud-Blackler note que les musulmans qui ont immigré en France dans les années 60 ou 70 n'achetaient pas de viande ou de produits halal. C'est vrai, mais la raison en est simple: outre le fait que les boucheries ou épiceries halal étaient alors quasiment inexistantes en France, beaucoup de ces immigrés de première génération ne savaient pas lire, ou très peu, ils avaient donc peu accès aux sources et textes islamiques (il y avait très peu de mosquées en France à l'époque, et bien sûr pas d'internet). 

En outre, à cette époque, les consommateurs étaient beaucoup moins informés sur le contenu des aliments qu'ils achetaient à l'épicerie ou au supermarché. Beaucoup de consommateurs (musulmans ou non) ne savaient pas que de nombreux aliments contiennent par exemple de la gélatine, souvent porcine. Si les musulmans de l'époque l'avaient su, ils auraient probablement refusé d'acheter ces aliments. Les jeunes musulmans ne sont pas plus fondamentalistes que leurs ainés... ils sont juste mieux informés.

C'est la même chose qu'on observe avec de nombreuses autres pratiques musulmanes. Il y a un siècle, la plupart des musulmans qui allaient faire le pèlerinage étaient analphabètes, étaient très mal informés sur les pratiques qu'ils devaient suivre durant ces quelques jours. Alors que de nos jours, la plupart des musulmans qui vont au pèlerinage ont lu et relu ce qu'ils devaient faire, relisent même en cours de Hajj leurs guides détaillant chaque étape qu'ils doivent suivre pour être conforme au Coran et à la Sunna.

Cette hausse de l'alphabétisation des musulmans est une révolution dont on a tendance à sous-estimer les effets... et c'est aussi l'une des erreurs que fait Florence Bergeaud-Blackler.

 

Pourquoi le marché halal connaît un tel essor

D'abord les musulmans connaissent mieux les sources islamiques, et en parallèle, comme consommateurs ils sont beaucoup mieux informés sur le contenu des aliments industriels, ayant facilement accès à la liste de tous les ingrédients. Il n'est donc pas étonnant que des firmes commercialisent toute une gamme de produits halal: car la plupart des musulmans savent aujourd'hui que de nombreux produits vendus en supermarché contiennent de l'alcool, de la présure, de la gélatine porcine ou animale non abattue rituellement...

De même, les musulmans immigrés des années 60-70 ignoraient pour la plupart ce qu'était l'électro-narcose, et les différentes méthodes d'abattage utilisées. Aujourd'hui les sites internet musulmans en parlent, des reportages montrent ce qui se passe dans les abattoirs, et donc les musulmans font beaucoup plus attention à ce qu'ils mangent, aux conditions d'élevage et d'abattage de l'animal.

Ces connaissances nouvelles (et non une volonté de "djihad économique") ont créé le besoin d'avoir des produits dont ont été retirés tous les éléments considérés "haram" (illicites), et d'avoir une meilleure connaissance et traçabilité de ce que nous mangeons (rappelons que le halal n'est pas seulement une méthode d'abattage, cela concerne aussi les conditions d'élevage et de traitement des animaux). 

 

Les français, des "Gens du Livre"?

Florence Bergeaud-Blackler affirme également que les musulmans des générations précédentes considéraient que la viande vendue en France était permise car c'était un pays majoritairement catholique, et qu'un verset autorise les musulmans à consommer la nourriture des "Gens du Livre" (juifs et chrétiens). Ce verset existe, mais le problème est de définir le concept de "Gens du Livre"...

En France, pays laïc, où les "sans religion" sont majoritaires (50 à 60% de la population d'après les plus récentes études, voir par exemple ici), la France peut-elle vraiment être considérée comme un pays des "Gens du Livre"?

Beaucoup de musulmans pensent que non, ou que c'est incertain... En outre, la viande que l'on trouve en supermarché peut venir de pays étrangers, qui ne sont pas forcément des "Gens du Livre". On peut donc comprendre que, dans le doute, beaucoup de musulmans préfèrent manger de la nourriture certifiée halal. 

 

En conclusion

Florence Bergeaud-Blackler utilise une stratégie devenue habituelle pour tenter de diaboliser toute pratique musulmane (que ce soit la prière, le ramadan, le hijab ou le fait de consommer halal...). Même si ces pratiques figurent très clairement dans les sources islamiques (Coran et Sunna), on tente de les diaboliser en en faisant une invention des "fondamentalistes", des "frèristes", des "salafistes", des "islamistes" (ou autres mots en "istes" qui font peur). Dépeint comme un complot des "islamistes", le halal deviendrait donc une menace pour la démocratie, et un "djihad économique".

En utilisant ce mot djihad, Florence Bergeaud-Blackler sait très bien que le lecteur occidental lambda va immédiatement penser "terrorisme"... et c'est le but, une manière de parachever cette opération de diabolisation.

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25 avril 2019

Laurent Bouvet soutient la censure d'un colloque sur l'islamophobie, mais défend la liberté d'expression de Finkielkraut

LaurentBouvetCensureColloqueIslamophobie2

 

https://www.facebook.com/lbouvet/posts/10214205126304371?pnref=story

 

Nouvel exemple de l'hypocrisie de Laurent Bouvet, qui avait soutenu la censure d'un colloque sur l'islamophobie à Lyon 2 en octobre 2017, et avait félicité ceux qui avaient harcelé l'Université pour le faire annuler (voir post ci-dessus).

 

Quand il s'agit d'un essayiste d'extrême-droite (Alain Finkielkraut), Laurent Bouvet devient tout à coup un zélé défenseur de la liberté d'expression: il accuse ceux qui veulent empêcher cette conférence de "terrorisme intellectuel", "la liberté d'expression et le pluralisme ne sont pas négociables", affirme-t-il maintenant:

LaurentBouvetLibertéDExpressionFinkielkraut

 

https://www.facebook.com/lbouvet/posts/10218758247769562

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Algérie: Mohamed Sifaoui retourne sa veste sur le peuple algérien

Mohamed Sifaoui en 2014:

"Je pense que les Algériens sont majoritairement des idiots"

Sifaoui-Algériens-Idiots

 

https://twitter.com/Sifaoui/status/547179458005061636

 

Sifaoui en 2019, lors des manifestations anti-Bouteflika:

"Ce régime prend vraiment les Algériens pour des imbéciles"

SifaouiCeRégimePrendLesAlgériensPourDesImbeciles

 

https://twitter.com/Sifaoui/status/1103083236845068288

 

Sifaoui, éditocrate habitué des plateaux télé français, poussant toujours plus loin le sans-hontisme.

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24 avril 2019

Sacha Ghozlan (UEJF) veut bien fréquenter la LDJ, mais pas l'UNEF

Sacha Ghozlan (président de l'Union des Etudiants Juifs de France) vient de publier une tribune dans L'Express (intitulée "D'où parles-tu camarade?") attaquant violemment le syndicat étudiant UNEF. 

Entre autres, Sacha Ghozlan reproche à l'UNEF "les réunions non-mixtes", de mépriser l'incendie de Notre-Dame (en fait il s'agit d'une seule membre qui a retiré ses propos), "d'adopter le vocabulaire des Indigènes de la République", de censurer Charb et Eschyle (affaire du black face), de soutenir BDS (boycott d'Israël), de parler de "blancs" et de "racisés"... puis Sacha Ghozlan tente de faire un lien plutôt ténu avec Dieudonné et Alain Soral... 

La photo pour illustrer cet article était une photo de Myriam Pougetoux (comme si elle n'avait pas été assez harcelée comme ça par la fachosphère), dont il n'était pourtant pas du tout question dans l'article.

Suite aux indignations que cela a suscité, la photo a finalement été retirée et complètement changée.

 

Mais puisque Sacha Ghozlan accuse l'UNEF de se fourvoyer, parlons un peu de l'UEJF qui défile maintenant régulièrement aux côtés de la Ligue de Défense Juive (LDJ), groupuscule d'extrême-droite violent et armé, interdit dans plusieurs pays dont les Etats-Unis.

UEJF-LDJ-Mai2014

MeyerHabibLDJ-UEJF

 

Voici le genre d'extrémistes violents avec qui milite l'UEJF:

 

LDJ-Image

LDJ-Agression6

LDJ-Agression5

LDJ-Agression4

 

Qu'est-ce qui est le plus grave?... utiliser les termes "blancs" et "racisés" ou défiler régulièrement avec une milice d'extrême-droite?

 

 

 

 

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12 mars 2019

L'intox de Laurent Bouvet sur le mot "laïcard" et Charles Maurras

Laurent Bouvet et plusieurs de ses amis du "Printemps Républicain" ont répété à plusieurs reprises que le mot "laïcard" aurait été "inventé" par Charles Maurras:LaurentBouvetLaicardMaurras

 

Cet argument est clairement destiné à discréditer ce terme, mais il y a juste un léger problème: il est très certainement faux.

Le compte "Ligne de crêtes", doutant des propos de Laurent Bouvet, a recherché l'origine du mot. Il apparaît que le terme était utilisé dans "La Croix" dès 1884, à une époque où Maurras avait à peine 16 ans, et donc aucune influence intellectuelle ou politique. En outre, le mot "laïcard" ne se trouve pas dans les principaux ouvrages de Charles Maurras. Il est possible que Maurras ait utilisé le terme, mais en tous cas il ne lui a pas accordé un grande importance, et il ne l'a certainement pas "inventé" comme l'affirme Laurent Bouvet.

Laicard1884

 

https://twitter.com/Lignesdecretes/status/1105232660723650560

 

 

L'intox de Laurent Bouvet rappelle celle de Caroline Fourest sur la création du mot "islamophobie" par des "mollahs iraniens", affirmation fausse (comme déjà démontré sur ce site) mais qui avait pour but de discréditer ce terme. Cette intox a d'ailleurs aussi été diffusée (via un RT) par Laurent Bouvet:

LaurentBouvetIslamophobieKhomeiny

 

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21 février 2019

Jean-Pierre Pernaut ne veut « pas de femmes voilées dans son journal »... et obtient gain de cause

JeanPierrePernaut-PasDeFemmesVoiléesDansMonJT

Le Canard Enchaîné du 20 février rapporte que le présentateur du JT de TF1 Jean-Pierre Pernaut a refusé de diffuser un sujet pour la simple raison qu'il incluait une interview d'une femme voilée. Le reportage portait sur le projet de loi rendant obligatoire la présence de drapeaux français et européens, ainsi que du refrain de "La Marseillaise" dans les salles de classe. Jean-Pierre Pernaut se serait écrié: « il n'y aura pas de femmes voilées dans mon journal », et « c'est mon journal, je fais ce que je veux ».

Le fait qu'il puisse tenir ce genre de propos devant ses collègues, sans crainte de sanctions, montre bien l'impunité dont bénéficient les personnalités qui tiennent ouvertement des propos islamophobes ou discriminatoires.

Le sujet a toutefois été diffusé dans le journal télévisé de 20 heures, Jean-Pierre Pernaut a donc eu gain de cause et pu faire "ce qu'il veut": ne pas laisser une femme voilée apparaître dans son JT de 13h...