Suite à l'article de Manuel Valls (mensonger comme démontré ci-dessous, mais encensé et diffusé sur les réseaux sociaux notamment par Gilles Clavreul, Laurent Bouvet, Caroline Fourest, et une partie du "Printemps Républicain), Adrien Sénecat de "Les décodeurs" (Le Monde) a réalisé un fact-checking des propos du Premier Ministre:

 

Burkini : la charge bancale de Manuel Valls contre le « New York Times »

 

« Les voix des femmes musulmanes ont été quasiment noyées » dans la polémique estivale sur le burkini. C’est le constat dressé par le New York Times, qui leur a donné la parole dans une série de témoignages sur le voile, publiée le 2 septembre 2016. L’occasion pour certaines, comme Halima Djalab Bouguerra, une étudiante de 21 ans de Bourg-en-Bresse, d’exprimer leurs inquiétudes : « Les langues se sont déliées, plus personne n’a peur de dire à un musulman : Rentre chez toi”. » L’article a fortement déplu à Manuel Valls, qui y a répondu par une tribune au Huffington Post lundi 5 septembre. Mais sa charge contre le sérieux du journal américain est peu probante.

CE QU’A DIT MANUEL VALLS

Cet article « donne une image insupportable, car fausse, de la France, pays des Lumières et pays des libertés », écrit le premier ministre. Il met ensuite en cause le sérieux de l’article du journal américain : « La réalité, c’est qu’il ne s’agit pas d’une enquête de terrain, qui permet les différents éclairages ou la nuance dans l’analyse », assène-t-il. Et de mettre en doute le cœur même de l’enquête, à savoirles témoignages des femmes musulmanes :

« Ces témoignages ont été pour la plupart obtenus à la suite d’un événement scandaleux organisé en France : un “camp d’été décolonial”. Un camp qui, et cette information a son importance, était interdit – je cite – aux “personnes à la peau blanche” ! Son but était de rassembler tous les partisans des communautarismes, tous les opposants à la mixité entre les personnes “blanches” et “non blanches”, tous ceux qui veulent, je cite encore, dénoncer le “philosémitisme d’Etat” dont la France serait victime. »

Une accusation répétée sur RTL mardi 6 septembre, où il a dénoncé « la complaisance vis-à-vis de femmes qui fréquentent un campement interdit aux Blancs et ensuite la vision que ce papier donnait de la France ».

POURQUOI C’EST FAUX

La version de Manuel Valls a pourtant de quoi surprendre quand on retrace le parcours de l’enquête du New York Times. Le journal a d’abord lancé un appel à témoignages le 22 août, sous le thème suivant : « Etes-vous une femme musulmane en Europe ? Partagez votre opinion sur les restrictions au port duvoile. » Cet appel a rapidement été relayé sur les réseaux sociaux.

Le « camp décolonial » a, quant à lui, eu lieu du 25 au 28 août à Reims. Il a, selon l’organisation, réuni environ 180 personnes (loin des quelque 1 200 témoignages revendiqués par le quotidien américain). Contrairement à ce qu’affirme Manuel Valls, les organisateurs ont souhaité réserver l’événement « aux personnes subissant le racisme »Un choix qui fait débat, mais ne se résume pas, pour les organisations à l’origine du camp, à interdire la présence des « Blancs ».

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Suite de l'article:

http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2016/09/06/burkini-la-charge-bancale-de-manuel-valls-contre-le-new-york-times_4993407_4355770.html