Suite à l'hystérie (typiquement française) provoquée par cette affaire, la récupération par certains politiques (Michel Amiel, Valérie Boyer, Zohra Bitan...), je retranscris le communiqué de l'association organisatrice Smile13:

 

 

Communiqué officiel de l'association Smile13

Nous constatons avec stupeur et regret l'ampleur de la polémique qui entoure l'évènement que nous organisons au Speedwater au début du mois de septembre.

Nous sommes tristes et inquiètes d'assister au déferlement de haine raciste, de grossièretés et de menaces dont nous sommes la cible, en tant qu'association mais également individuellement.

Entre les insultes, les sollicitations incessantes des journalistes et les menaces de mort qui ont visé des membres de l'équipe, dont une personne a reçu, par la poste, une lettre nominative figurant des balles de revolver, la situation est devenue surréaliste.

Compte tenu de la gravité des faits, nous avons saisi le Collectif Contre l'Islamophobie en France, qui nous apporte soutien et assistance s'agissant des discours de haine islamophobe et des menaces dont nous faisons l'objet, afin d'identifier et de faire sanctionner tous ceux qui se risqueraient à porter atteinte à notre dignité ou à notre intégrité, morale et physique.

Nous avons choisi de ne pas répondre aux sollicitations des médias pour prendre le temps de faire le point et préserver notre intimité et notre sécurité.

Il nous parait également important de clarifier un certain nombre de points:

- Avant de tirer des conclusions hâtives sur notre association ou de nous calomnier, quelques vérifications auraient permis de savoir que nous sommes une association ouverte et tolérante, incluant des femmes aux parcours différents, quels que soient nos choix vestimentaires et/ou religieux. Nous offrons des activités ludiques et sociales à un public divers, dans la région marseillaise.

- Le but de cette journée aquatique est simple: offrir une journée de loisirs et de détente à des femmes et des enfants qui, quelle que soit leur appartenance et leurs affinités, toutes confessions confondues, ont en commun une certaine notion de la pudeur, sans porter de jugement sur celles et ceux qui ne la partageraient pas. On serait en droit d'attendre un minimum de respect et de tolérance réciproque.

- Il est incompréhensible de voir, pendant les deux derniers jours, tant de polémistes et de personnalités politiques à l'esprit étriqué, s'acharner et perdre leur temps... et pourquoi? Tout simplement pour gâcher une journée associative, un moment de détente pour quelques centaines de citoyennes et d'enfants. Des femmes voilées ou pas, musulmanes ou pas. Des enfants qui, le plus souvent, auront le plaisir de pouvoir partager, pour la première fois, une sortie au parc aquatique avec leur maman. Ces souvenirs si rares n'ont pas de prix, sauf quand ils permettent de gagner quelques points politiques au détriment des musulmanes.

- Les personnes qui partagent des choix vestimentaires et une notion de la pudeur différents des nôtres ont toutes les possibilités de se baigner et de profiter des installations aquatiques à d'autres moments. Le Speedwater leur est ouvert tous les autres jours pendant les trois mois de la saison, tandis que cette seule journée, privatisée, permet à un public différent de profiter aussi desdites installations. Plus largement, il existe plus de 10000 lieux de baignade sur l'ensemble du territoire national. Il n'y a donc pas la moindre discrimination et personne n'est privé de baignade, juste parce que une piscine privée serait louée par une association, un jour dans l'année.

- Dans le contexte et les difficultés que traverse notre pays, on est en droit d'espérer que notre classe politique se concentre sur des choses plus importantes que de priver des femmes et des enfants de piscine, alors que ces familles nous contactent en masse, exprimant le besoin et l'envie de profiter, comme les autres, des installations de loisirs, dans le respect de leurs choix personnels. Il est assez étonnant de voir, par exemple, des élus locaux mettre à l'index des/les femmes voilées qui pourraient venir à cette journée, alors que ces élus bénéficient de la consommation de ces mêmes femmes dans les zones commerciales avoisinantes. Quand une journée piscine devient presque une affaire d'Etat, on se rend compte que notre classe politique perd tout sens de la mesure.

- L'ensemble de notre démarche est claire, transparente et juridiquement fondée: il est permis en France de se baigner quelle que soit notre tenue, dans le respect des règles de sécurité. Il est tout aussi permis de privatiser des lieux comme le Speedwater, par un arrangement contractuel avec les propriétaires (comme ce fut notamment le cas pour d'autres communautés). Dès lors, il est difficile de voir autre chose dans cette affaire qu'une énième polémique islamophobe. Nous ferons donc valoir nos droits et serons assistés par les juristes et avocats du CCIF.

- Les messages d'insultes et de menaces seront constatés par huissiers, transmis à la police et poursuivis systématiquement. Nous nous rapprochons des équipes municipales et de la préfecture, afin de veiller à ce que la sécurité des femmes et des enfants soit assurée, en bonne intelligence avec les autorités et avec nos avocats.

Plus largement et pour finir sur une note positive, nous tenons à remercier toutes celles et ceux qui nous ont envoyé des messages de soutien, si nombreux, pour nous rappeler que notre pays vaut mieux que ce type de polémique.

Nous aimerions terminer avec ce bel extrait du célèbre discours de Martin Luther King. Si notre journée de sourires aquatiques vous déplait encore, prenez le temps de lire ces quelques phrases et de les méditer:

"Je vous le dis ici et maintenant, mes amis, bien que nous ayons à faire face à des difficultés, aujourd’hui et demain, je fais toujours ce rêve. C’est un rêve profondément ancré dans l’idéal (Français). Je rêve que, un jour, notre pays se lèvera et vivra pleinement la véritable réalité de son credo : 'Nous tenons ces vérités pour évidentes par elles-mêmes que tous les hommes sont créés égaux' ”.

PS : Pour toutes les demandes de presse, merci de vous diriger vers le CCIF à l'adresse: contact@islamophobie.net

 

Source

 

Mise à jour 9 août 2016:

Suite aux pressions de certains politiques, la journée a été annulée.