ElisabethBadinter

Elisabeth Badinter, la célèbre femme d'affaires et essayiste, se dit "féministe"... mais elle l'est surtout quand il faut cibler le sexisme d'hommes musulmans ou maghrébins. Elle est beaucoup moins virulente envers le sexisme venant des élites blanches qu'elle fréquente, notamment son ami DSK.

Car selon Elisabeth Badinter, le combat féministe « s’adresse aux jeunes femmes de la première génération de nouveaux arrivants, ou encore aux jeunes filles d’origine maghrébine ». Toujours selon elle, « franchement, depuis longtemps, dans la société française de souche, que ce soit le judaïsme, ou le catholicisme, on ne peut pas dire qu’il y ait une oppression des femmes »[1]. Comme l'a fait remarquer Christine Delphy, ce discours conduit à la fois à légitimer le racisme et à négliger le sexisme existant dans la population non maghrébine.

Interrogée en 2015 sur l'antisémitisme dans le film de Daniel Leconte L'Humour à mort, Elisabeth Badinter affirme tranquillement: « si on demande qui veut la mort des juifs, il faut se tourner vers la communauté musulmane. » [2]

En mars 2013, Elisabeth Badinter avait affirmé à propos de l'employée voilée de la crèche BabyLoup: "D’un côté, on commémore les victimes de Mohamed Merah et on veut combattre l’islamisme radical et de l’autre on laisse faire l’entrisme de ces islamistes dans des crèches de quartier. Il faut absolument réagir très vite." Cet amalgame lamentable entre une employée voilée et un terroriste lui avait valu un Y'a Bon Award en 2013. Inutile de préciser qu'Elisabeth Badinter a ardemment milité pour le licenciement de cette femme.

Il y a quelques semaines, Élisabeth Badinter a co-signé un texte de soutien aux propos racistes anti-arabes de Georges Bensoussan, prononcés dans l'émission Répliques d'Alain Finkielkraut sur France Culture. Georges Bensoussan y avait dit:

« Aujourd’hui nous sommes en présence d’un autre peuple au sein de la nation française, qui fait régresser un certain nombre de valeurs démocratiques qui nous ont portés. (…). Il n’y aura pas d’intégration tant qu’on ne se sera pas débarrassé de cet antisémitisme atavique qui est tu, comme un secret. Il se trouve qu’un sociologue algérien, Smaïn Laacher, d’un très grand courage, vient de dire dans le film qui passera sur France 3 : « C’est une honte que de maintenir ce tabou, à savoir que dans les familles arabes, en France, et tout le monde le sait mais personne ne veut le dire, l’antisémitisme, on le tète avec le lait de la mère ». »

Georges Bensoussan essentialise donc les "arabes"  comme biologiquement antisémites, ce qui, en plus d'être faux, est clairement du racisme. Ses propos ont d'ailleurs fait l'objet d'un rappel à l'ordre du CSA qui a estimé qu'ils « étaient susceptibles d’encourager des propos discriminatoires ». Mais un texte publié sur le site Europe-Israël a soutenu Georges Bensoussan et ses propos, texte signé par Elisabeth Badinter mais aussi des personnalités proches de l'extrême-droite, comme l'avocat de Florian Philippot Gilles-William Goldnadel[3].

 

Elisabeth Badinter reprend une proposition de Marine Le Pen

Il y a quelques jours, Elisabeth Badinter était invitée par Patrick Cohen dans son émission sur France Inter. Elle y a affirmé: "Il ne faut pas avoir peur de se faire traiter d'islamophobe". "On ferme le bec de toute discussion sur l'islam en particulier ou d'autres religions avec la condamnation absolue que personne ne supporte : 'Vous êtes raciste ou vous êtes islamophobe, taisez-vous !' Et c'est cela que les gens ne supportent plus".

Elisabeth Badinter affirme également: "dans les lieux publics et en particulier dans les écoles, on doit observer une neutralité"[4]. Comme l'a fait remarquer Nicolas Cadène, rapporteur général de l'Observatoire de la laïcité, ce que dit Badinter est juridiquement faux. On n'a pas à "observer une neutralité" dans un lieu public, on peut s'y exprimer librement, porter un voile ou une kippa. Ou alors c'est ce qu'Elisabeth désire instaurer: étendre la neutralité aux lieux publics... Remarquons que c'est exactement ce que veut instaurer Marine Le Pen: interdire les signes religieux dans les lieux publics[5]. Cette laïcité liberticide et "lepénisée" serait donc maintenant promue par Elisabeth Badinter... 

Alors que Robert Badinter est célèbre pour sa dénonciation de la lepénisation des esprits, il serait bien inspiré de s'inquiéter aussi de la lepénisation de son épouse.

 

Quant à cette affirmation d'Elisabeth Badinter: "On ferme le bec de toute discussion sur l'islam"... on se demande vraiment sur quelle planète vit Elisabeth Badinter... Affirmer que l'islam serait un sujet tabou, alors qu'on ne peut guère allumer la télé ou ouvrir un magazine sans qu'on y parle d'islam...

MédiasIslamophobie

 

 

[1] http://www.gisti.org/spip.php?article1072

[2] http://www.lecourrier.ch/135168/on_ne_se_couche_pas_devant_le_totalitarisme

[3] http://www.europe-israel.org/2015/10/face-poursuites-du-mrap-petition-de-soutien-a-georges-bensoussan/

[4] https://twitter.com/franceinter/status/684642159442657280

[5] http://www.lefigaro.fr/politique/2012/09/21/01002-20120921ARTFIG00460-marine-le-pen-contre-la-kippa-et-le-voile-dans-la-rue.php